
Le papier s’efface peu à peu au profit du numérique. Avec l’annonce de la fermeture des centres d’encaissement des chèques de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) au 31 mai 2027, une nouvelle étape est franchie dans la dématérialisation des paiements. Alors qu’il est encore utilisé par de nombreux réunionnais et mahorais, pour régler certains services publics ou comme garantie de caution, le chèque est-il en train de complétement disparaître ? Depuis mars 2026, les entreprises ne peuvent plus régler leurs impôts ou taxes par chèque.
Une première restriction qui amène à se poser des questions tant sur les conséquences que sur les habitudes d’encaissement.
De nombreux organismes reçoivent encore des chèques au quotidien (collectivités, associations, bailleurs, professionnels de l’immobilier ou encore les structures médico-sociales). Quelles sont les raisons qui ont appuyé la fermeture de ces centres ? Quelles sont les alternatives d’encaissement proposées ? Quels impacts sur la fracture numérique à La Réunion, à Mayotte et dans l’hexagone ?
Pourquoi le chèque est-il progressivement abandonné ?
La fermeture des centres d’encaissement des chèques de la DGFiP s’inscrit dans une tendance déjà engagée depuis plusieurs années. Le chèque est de moins en moins utilisé par les usagers, de moins en moins accepté par les commerçants, au profit de la carte bancaire qui adopte de nouvelles formes telles que la version dématérialisée sur smartphone ou encore le virement instantané via le numéro de téléphone mobile.
Pour l’administration, cette évolution répond avant tout à des enjeux économiques. Selon la DGFiP, bien que les chèques ne représentent qu’une faible part des paiements reçus (5%), ils représentent à eux seuls 30% des coûts de traitement. Chaque chèque nécessite plusieurs opérations de contrôle, ce qui mobilise des ressources humaines et techniques. Le coût moyen de traitement est estimé à environ 2,50€ par chèque.
La sécurité entre également en compte. Malgré une baisse de son utilisation, le chèque demeure le moyen de paiement affichant le taux de fraude le plus élevé selon le rapport de l’OSMP*( Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement)
Les chiffres clés du chèque aujourd’hui en France.
Dans la dernière étude publiée par l’OSMP, le chèque ne représente plus qu’environ 2,30% des opérations en volume, loin derrière la carte bancaire qui concentre près de 62,10% des paiements. En revanche, quand on s’intéresse à la répartition de la fraude, les 2,20% en volume représentent 22,70% en valeur. Cet écart impactant s’explique en partie par la nature des usages. Le chèque est utilisé pour des transactions avec des montants plus élevés ou ponctuels comme la caution.


En 2024, la valeur des opérations frauduleuses continue de baisser et représente 270 millions d’euros. A noter que l’instauration par les banques de dispositifs de blocage et temporisation des remises de chèques a permis de déjouer 187 millions d’euros de fraude cette même année.
Les alternatives d’encaissement proposées
Pour le paiement des impôts et des factures publiques, les professionnels peuvent utiliser le paiement en ligne via les plateformes de la DGFiP comme PayFip, le prélèvement automatique ou encore le paiement par carte bancaire. Le paiement de proximité est également possible chez les buralistes agréés pour les montants inférieurs à 300€.
Du côté des collectivités et des organismes qui doivent réaliser des encaissements, le terminal de paiement électronique et le paiement par lien sont deux solutions accessibles et rapides.
Le choix des équipements est central. Les terminaux de paiement doivent répondre aux normes de sécurité en vigueur telles que le PCI DSS, ou encore d’accessibilité (Lire l’article sur l’accessibilité). Le TPE choisi doit être capable d’évoluer avec les futures exigences réglementaires du secteur bancaire. De même, le paiement à distance doit garantir la sécurité des transactions pour éviter les impayés après la transaction. (Voir la solution de Paiement par lien Sécurisé).
Vous êtes une collectivité ou un professionnel à La Réunion ou à Mayotte ? Bénéficiez d’un accompagnement local et personnalisé pour vous équiper l’esprit léger.
La fin du chèque, un pas de plus vers la fracture numérique ?
Bien que la dématérialisation s’impose progressivement, les usages fortement liés à l’âge et aux niveaux de maîtrise inquiètent une certaine partie de la population à La Réunion, à Mayotte et dans l’hexagone. Ce point avait déjà été soulevé l’an dernier avec l’arrivée de l’Appli Carte Vitale. (Lire l’article sue l’Appli Carte Vitale) Il est de plus en plus présent avec la démocratisation des QR codes pour un accès à l’information.
Concernant la fin du chèque, à ce jour, aucune suppression générale n’a été officiellement annoncée pour les particuliers. La fermeture des centres d’encaissement de la DGFiP et certaines restrictions récentes concernent uniquement le cadre des entreprises et les services de finances publiques.
En dehors de cela, vous pouvez en tant que professionnel, continuer d’utiliser et d’accepter les chèques dans le cadre de la gestion de votre activité. Les services publics encouragent de plus en plus l’utilisation des solutions numériques. Cette évolution s’inscrit dans une tendance à long terme qui participe peu à peu à la transformation des habitudes d’encaissement.
Un sujet à suivre sur lequel nous continuerons de vous informer.

